MK – 25 ans :
Nuit d’été en Toscane – Esther Freud

En couverture, la photo d’une jeune fille en contre-jour devant paysage flouté, en quatrième l’annonce de vacances initiatiques pour une ado sur fond de mariage royal. Bref, une belle frayeur à la réception dudit bouquin.
On attaque sur la relation assez étrange entre un père semi-absent, casanier et sa fille de 17 ans qui a l’air plutôt équilibré et lambda. Cette relation se limite à un repas de temps en temps, le plus souvent dans un silence assumé et quasiment confortable. Toutefois pour une raison obscure le père semble décidé à partir en vacances en Italie avec sa progéniture, qui, même si la perspective d’une amélioration de son affinité paternelle n’enchante pas, y voit l’occasion de découvrir l’Italie ainsi que la vie mondaine de se père qu’elle connait si peu.
Voyage, en train, en bateau, en train, en voiture, et nous voila arriver dans la somptueuse villa d’une non moins somptueuse, et toutefois mourante, amie du père. Rapidement on se rend compte d’une certaine tension sexuelle entre le père et son amie. S’en suivent quelques dîners mondains décontractés avec la richesse locale, composée d’ancienne royauté déchue et de jeunes corps en ébullitions.
Après quelques échanges assez innocents, des regards appuyés et des insinuations gentillettes, on rentre dans le cœur du sujet, l’éveil et l’appétit sexuels d’adolescents en quête d’identité et de reconnaissance.
Élément assez intéressant du livre, celui-ci divise assez nettement les envies des différentes générations; on retrouve une recherche de confort et de tendresse pour le père et son amie, alors que la quête de sa fille sera plutôt orientée sur l’acceptation de soi et la passion charnelle. Les recherchent trouvent alors une réponse aussi brève que soudaine avant que tout ne parte en flamme assez rapidement.
Avec plusieurs référence temporelle qui permettent de resituer les faits dans différents cadres; le mariage de Lady Dee, suivi avec attention par plusieurs personnages pour un cadre global et historique;l’animation régionale annuelle, une sorte de course de chevaux entre clan rivaux qui permet un cadrage plus local et saisonnier. On voit alors la maladie prend le pas sur l’amie du père, et les désillusions sentimentale de la fille qui laisse place à un viol sordide plutôt inattendu. Et pour finir, un retour à la maison pour nos deux personnages, profondément affectés par les événements des dernières semaines, légèrement plus complices, mais sans changement majeur de leur relation.
Un livre pas spécialement désagréable parce qu’assez concis, quelques bonnes surprises et évolutions intéressantes. Toutefois je reste un peu sceptique devant le message que cherche à faire passer l’auteure. Hormis l’évidence des difficultés et de la frivolité sentimentale qui peuvent affecter les jeunes adultes, le rapport avec le père, son histoire passé et présente m’a plutôt échappé. La scène de viol reste en contre pied total du reste du livre, mais je pense que l’auteure a voulu en montrer la banalité pour les femmes sans pour autant accuser l’ensemble des hommes ou de la société, ce qui est plutôt appréciable.
Rien de bien révolutionnaire, mais quelques idées intéressantes pour un livre destiné à un public féminin et assez jeune.
Après quelques échanges supplémentaires, j’ai arrêté de parler avec MK, celle-ci ne semblait pas spécialement passionnante et ne lisait que des livres du même style (voir pire).
PS : critique écrite un an après la lecture.