Camille – ??ans
Une société sans école – Ivan Illich
Camille est une jeune femme que je trouve rayonnante et très souriante, sa description indique juste une vie partagée entre la région parisienne et Orléans. Pour ce qui est de la conversation, elle me conseille directement ce livre-là et me demande, en contrepartie, de lui faire découvrir de la musique. Je lui propose donc trois artistes, dont deux qu’elle ne connaissait pas et qu’elle a visiblement apprécié.
On se lance donc dans un essai sociologique assez complexe mais relativement accessible dans l’ensemble. A part quelques paragraphes ou passages qui, malgré plusieurs relectures, continuent à m’échapper. Ce n’est pas sans me rappeler certains classiques de philosophie qui font sentir une bonne partie d’entre nous plutôt stupide. Ivan Illich fait sur quelques centaines de pages une critique assez générale des institutions dans leur ensemble. Vu qu’il attaque la notion même d’institution, il utilise l’éducation et plus particulièrement l’institution scolaire comme exemple de dysfonctionnement. Toutefois, tout au long du livre, il fera de nombreuses analogies avec les réseaux de transport, de communication ou bien de services.
Il va être assez compliqué pour moi de résumer ou de décrire ce livre, comme mentionné précédemment, il s’agit d’un essai sociologique, et l’intérêt de celui-ci réside donc dans le détail, la construction et l’argumentaire plus que dans la technique littéraire ou les émotions suscitées. Toutefois l’idée générale est que l’éducation obligatoire ne représente pas un nivellement par le haut, et que celle-ci ne fait que rajouter des obstacles pour une grande partie de la population au profit d’une minorité. Il ajoute également plusieurs idées/propositions pour venir former les gens de manières plus libres et plus spécialisés à la foi.
Je me dois de commencer par un aveu; je n’ai jamais remis en question la notion d’éducation gratuite et obligatoire pour tous. Me voilà donc face à un auteur qui me présente un argumentaire qui paraît, en premier lieu, assez contradictoire avec mes valeurs. Et pourtant, Ivan Illich va réussir à déconstruire ce mythe de l’école obligatoire, les raisons derrière ce développement, les erreurs qui en découlent et des alternatives plus « saines » pour la société. Encore une fois, je me permets d’en faire ici un bref résumé avec des arguments incomplets et moins bien construit. Je vous invite à lire cet essai par vous-même car il est très intéressant
L’idée derrière l’éducation obligatoire et d’offrir une chance à toutes les classes sociales de pouvoir acquérir des bases rudimentaires dans de multiples domaines, et dans certains cas, permettre un changement de classe, rang, statut social via ce biais. A l’époque de sa création, difficile pour un enfant de paysans de découvrir autre chose que la vie de ferme sans cette petite ouverture sur les autres aspects de la vie et du monde. Toutefois l’augmentation progressive de l’âge et du niveau d’éducation obligatoire n’en vient pas à devenir un escabeau pour atteindre de nouvelles hauteurs, mais devient une barrière d’entrée dans la société. Un brevet n’est plus une porte d’entrée dans la société, mais au contraire une barrière qui vient ostraciser la petite partie de la population qui ne peut pas, pour diverses raisons, l’avoir.
En créant cette barrière, on vient créer une fuite en avant; « si tout le monde à ce niveau, il faut justifier de plus de formation pour avoir un meilleur statut social ». Et il est difficile de contredire cette conclusion quand on voit la direction de nos sociétés occidentales ces 30/40 dernières années. Aujourd’hui quel travail peut-on trouver avec un brevet, avec un bac, avec une licence, avec un master. Beaucoup d’emplois pourraient être appris sur le tas si l’employé à une certaine logique et motivation, mais il est beaucoup plus facile pour une entreprise d’appliquer un filtre de recherche par diplôme dans le tri des CV.
Toutefois beaucoup d’emploi nécessite des prérequis dont il serait difficile de se passer pour le bon apprentissage et la réalisation du travail. Mais là encore l’auteur n’est pas contre le haut niveau de qualification, il pointe simplement la tendance sociétale à baser la valeur d’un individu et de ses capacités sur son aptitude à passer des examens plus ou moins abstraits. Il propose comme solution, notamment pour les pays en voie de développement, dont le réseau scolaire n’est peut-être pas dimensionné pour ce type d’exigences, de financer des initiatives locales avec des pass et des budgets formations et apprentissages.
Je ne suis pas d’accord avec l’ensemble des arguments présentés par l’auteur, mais il a le mérite de poser des questions intéressantes, qui sont d’autant plus troublantes que ce livre a été écrit en 1970, et que bons nombres de ses prédictions et remarques sont aujourd’hui des réalités. N’importe qui ayant eu affaire au marché du travail dernièrement saura trouver un peu de soulagement à sa frustration grâce aux explications et réflexions présentées ici.
Après un bref échange, soudainement plus de réponse de la part de Camille, et c’est bien dommage car c’est un livre dont j’aurais bien aimé discuter.

Ouaiiis Patapon is back to the buisness !
Chouettos ton résumé, tu l’as bien vendu 😉
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